Une holding suisse est une SA ou une Sàrl dont l’objet principal est de détenir et gérer des participations dans d’autres sociétés, sans exercer d’activité commerciale propre. Son intérêt est avant tout fiscal : grâce à la réduction pour participation (art. 69-70 LIFD), les dividendes et les plus-values issus de participations qualifiées sont quasi exonérés d’impôt. Point essentiel : en Suisse, « holding » n’est pas un statut juridique, mais une qualification fiscale. Ce guide détaille la fiscalité 2026, l’impôt sur le capital canton par canton, les conditions de substance et les démarches de création.
Sommaire
- Qu’est-ce qu’une holding suisse
- Les différents types de holding
- La fiscalité d’une holding en 2026
- L’impôt sur le capital, canton par canton
- Les avantages d’une holding
- Les inconvénients et limites
- Conditions et substance économique
- Comment créer votre holding en Suisse
- Créer une holding par apport de titres
- Holding ou détention directe
- FAQ
- Sources
Qu’est-ce qu’une holding suisse
Une holding suisse prend la forme d’une SA ou d’une Sàrl dont l’activité se limite à détenir des participations dans d’autres sociétés (filiales) et à les gérer. Elle n’exerce pas d’activité industrielle ou commerciale propre.
Contrairement à une idée répandue, la holding n’est pas une forme juridique distincte : c’est une qualification fonctionnelle et fiscale. Vous constituez une SA ou une Sàrl classique, dont le but statutaire est la détention de participations.
- Sàrl : capital minimum de 20 000 CHF, entièrement libéré ; associés inscrits au registre du commerce.
- SA : capital minimum de 100 000 CHF, dont 50 000 CHF libérés au minimum ; actionnaires non publics (confidentialité accrue).
Les différents types de holding
« Holding » désigne une fonction — détenir des participations —, pas une forme unique. Selon votre objectif, plusieurs profils existent :
- Holding passive (pure) : se limite à détenir et gérer des participations, sans fournir de prestations. C’est le profil le plus simple, qui tire pleinement parti de la réduction pour participation.
- Holding active (animatrice ou mixte) : détient des participations et rend des services à ses filiales (direction, finance, RH, facturés en management fees). Attention : une activité de prestations peut entraîner l’assujettissement à la TVA.
- Holding familiale : regroupe le patrimoine d’une famille (participations, parfois immobilier) pour organiser la gouvernance et préparer la transmission entre générations.
- Holding immobilière : détient des biens via des filiales. Spécificité : la réduction pour participation ne couvre pas les gains immobiliers directs.
La fiscalité d’une holding en 2026
L’intérêt fiscal d’une holding repose aujourd’hui sur la réduction pour participation, et non plus sur l’ancien statut holding cantonal.
Important — ce qui a changé depuis 2020
La réforme RFFA (entrée en vigueur le 1er janvier 2020) a supprimé le statut fiscal cantonal de holding : l’exonération cantonale « totale » n’existe plus. Toutes les sociétés sont désormais imposées au régime ordinaire — mais une holding reste très avantageuse grâce à la réduction pour participation.
La réduction pour participation
Les revenus tirés de participations qualifiées (au moins 10 % du capital d’une société, ou une valeur vénale d’au moins 1 000 000 CHF) bénéficient d’une réduction de l’impôt sur le bénéfice, au niveau fédéral comme cantonal (art. 69-70 LIFD) :
- Dividendes reçus de filiales suisses ou étrangères : quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice.
- Plus-values sur la vente de participations qualifiées détenues depuis au moins un an : également couvertes, donc quasi exonérées.
Exemple chiffré
Une holding détient 100 % d’une filiale qui lui verse 200 000 CHF de dividendes. Grâce à la réduction pour participation, ces dividendes sont quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice : la charge ne porte, le cas échéant, que sur d’éventuels autres revenus.
Quelques années plus tard, la holding revend cette participation (détenue depuis plus d’un an, ≥ 10 %) en réalisant une plus-value de 1 000 000 CHF : cette plus-value bénéficie elle aussi de la réduction et est quasi exonérée. La même opération, sans participation qualifiée, serait imposée.
| Élément | Traitement en 2026 |
|---|---|
| Statut holding cantonal | Supprimé depuis la RFFA (2020) |
| Impôt fédéral sur le bénéfice (IFD) | 8,5 % (avant réduction pour participation) |
| Impôt total sur le bénéfice (fédéral + cantonal + communal) | ≈ 12 % à 21 % selon le canton |
| Dividendes de participations qualifiées | Quasi exonérés (réduction pour participation) |
| Plus-values sur participations qualifiées (≥ 1 an) | Quasi exonérées (art. 70 LIFD) |
| Impôt anticipé sur dividendes sortants | 35 %, récupérable via CDI ou accord Suisse-UE |
| TVA | Holding sans activité commerciale : en principe non assujettie |
Source : LIFD art. 69-70, AFC. Données 2026, sous réserve de l’analyse de votre situation.
Conseil My Swiss Company
Beaucoup de contenus en ligne décrivent encore l’ancien « statut holding » (exonération cantonale totale, seuil des deux tiers des actifs) : ce régime n’existe plus depuis 2020. L’avantage réel passe désormais par la réduction pour participation, qui n’exige pas ce seuil dès lors que les participations sont qualifiées. Faites vérifier votre montage pour ne pas raisonner sur des règles périmées.
L’impôt sur le capital, canton par canton
L’impôt sur le capital est un impôt cantonal et communal (il n’existe pas au niveau fédéral) prélevé sur les fonds propres de la société. Il mérite une attention particulière pour une holding : celle-ci détient des fonds propres élevés (ses participations) tout en réalisant souvent peu de bénéfice imposable — l’impôt sur le capital peut donc devenir sa principale charge fiscale.
Le taux varie fortement d’un canton à l’autre, ce qui fait du choix du siège un levier décisif. Voici les taux indicatifs 2025 sur les fonds propres imposables, avant réduction pour participations qualifiées (les trois cantons où My Swiss Company est présente sont mis en évidence) :
| Canton | Taux indicatif sur le capital |
|---|---|
| Uri (UR) | 0,001 % |
| Obwald (OW) | 0,001 % |
| Schaffhouse (SH) | 0,001 % |
| Nidwald (NW) | 0,01 % |
| Schwyz (SZ) | 0,01 % |
| Berne (BE) | 0,02 % |
| Thurgovie (TG) | 0,04 % |
| Appenzell RI (AI) | 0,05 % |
| Appenzell RE (AR) | 0,05 % |
| Saint-Gall (SG) | 0,06 % |
| Zoug (ZG) | 0,07 % |
| Lucerne (LU) | 0,08 % |
| Bâle-Ville (BS) | 0,10 % |
| Argovie (AG) | 0,13 % |
| Vaud (VD) | 0,14 % |
| Bâle-Campagne (BL) | 0,16 % |
| Soleure (SO) | 0,17 % |
| Zurich (ZH) | 0,17 % |
| Fribourg (FR) | 0,19 % |
| Jura (JU) | 0,19 % |
| Glaris (GL) | 0,25 % |
| Tessin (TI) | 0,29 % |
| Genève (GE) | 0,40 % |
| Grisons (GR) | 0,46 % |
| Valais (VS) | 0,49 % |
| Neuchâtel (NE) | 0,50 % |
Taux indicatifs 2025 sur les fonds propres imposables, avant réduction pour participations. Impôt cantonal et communal uniquement ; le taux effectif dépend de la commune et de la situation.
Deux mécanismes décisifs pour une holding
- Imputation de l’impôt sur le bénéfice : de nombreux cantons permettent de déduire l’impôt sur le bénéfice de l’impôt sur le capital. Une société rentable voit ainsi son impôt sur le capital réduit, voire annulé. Pour une holding qui dégage peu de bénéfice, cet effet joue moins — d’où l’importance du taux de capital lui-même.
- Réduction pour participations sur le capital : plusieurs cantons appliquent un taux réduit sur la part des fonds propres correspondant à des participations qualifiées. C’est l’allègement clé qui maintient l’attractivité d’une holding malgré la suppression du statut.
Conseil My Swiss Company
Pour une holding, l’arbitrage entre cantons se joue souvent davantage sur l’impôt sur le capital (et son allègement pour participations) que sur l’impôt sur le bénéfice, puisqu’elle cumule des fonds propres élevés et un faible bénéfice. Nous comparons votre charge réelle entre Genève, Lucerne, Zoug et les autres cantons avant de fixer le siège.
Les avantages d’une holding
Au-delà de la fiscalité des participations, la holding est un outil de structuration et de planification patrimoniale. Elle permet de :
- centraliser les participations de plusieurs filiales ou actifs au sein d’une même entité ;
- protéger les actifs stratégiques (immobilier, marques, trésorerie) des risques opérationnels des filiales ;
- préparer une transmission ou une succession d’entreprise de façon ordonnée ;
- faciliter les investissements et les réorganisations de groupe, avec une image stable à l’international.
Les inconvénients et limites
Une holding n’est pas pertinente dans toutes les situations. Avant de vous lancer, pesez ses limites :
- Coûts et complexité : c’est une entité supplémentaire à administrer (comptabilité, bouclement, organes, déclarations) — des frais récurrents qui ne se justifient qu’au-delà d’un certain patrimoine.
- Substance exigée : sans substance réelle (siège, gestion effective), l’avantage fiscal peut être remis en cause.
- Peu d’intérêt pour les petites structures : pour un entrepreneur seul, sans filiale ni participation significative, la holding n’apporte rien.
- Avantage ciblé : la réduction pour participation ne couvre que les participations qualifiées — ni les revenus immobiliers directs, ni les produits financiers ordinaires.
Conditions et substance économique
Pour que l’avantage fiscal soit reconnu et sécurisé, la holding doit présenter une substance économique réelle et une gestion effective de ses participations. Les autorités fiscales comme les banques peuvent demander à la vérifier :
- un siège effectif en Suisse — à Genève, Lucerne ou Zoug, par exemple — et une direction stratégique sur place ;
- une gestion active des participations (procès-verbaux, décisions, comptabilité tenue) ;
- l’absence d’activité commerciale propre incompatible avec le profil de holding ;
- une organisation cohérente et justifiable économiquement.
Conseil My Swiss Company
La substance est devenue le point de contrôle clé des structures holding, surtout lorsqu’elles détiennent des participations étrangères. Documentez-la dès la constitution : siège réel, organes décisionnaires, comptabilité — c’est ce qui sécurise votre position fiscale et vos relations bancaires.
Comment créer votre holding en Suisse
La constitution d’une holding suit le parcours d’une SA ou d’une Sàrl ordinaire, avec un but statutaire de détention de participations :
- définir la forme — généralement une SA, parfois une Sàrl — et rédiger les statuts en précisant l’objet « détention et gestion de participations » ;
- libérer le capital sur un compte de consignation auprès d’une banque suisse ;
- signer l’acte constitutif chez un notaire ;
- inscrire la société au registre du commerce, puis publication à la FOSC.
Pour le détail du tronc commun (raison sociale, notaire, registre du commerce), reportez-vous à notre guide pour créer une société en Suisse. Une holding peut aussi se constituer par apport de titres si vous détenez déjà une société. Si vous pilotez l’opération depuis l’étranger, consultez notre guide pour créer une société en Suisse depuis la France.
Créer une holding par apport de titres
Un entrepreneur qui détient déjà une société peut constituer une holding « par le haut » : il apporte ses titres (actions ou parts de sa société existante) à une nouvelle holding, qui les détient en échange de ses propres actions. La société existante devient une filiale, coiffée par la holding.
Deux points de vigilance :
- Acte notarié et évaluation : l’apport de titres est un apport en nature, formalisé par acte notarié, avec évaluation des titres apportés.
- Délai de blocage : pour préserver la neutralité fiscale de l’opération, les titres reçus ne doivent en principe pas être revendus avant un délai de blocage (en règle générale 5 ans). Une cession anticipée peut déclencher une imposition (liquidation partielle indirecte / réserves transférées).
Conseil My Swiss Company
L’apport de titres est un montage puissant pour restructurer un groupe existant, mais sensible fiscalement : une erreur sur l’évaluation ou le délai de blocage peut coûter cher. Faites cadrer l’opération en amont avant tout transfert. Notre étude de cas sur une restructuration en holding et filiales illustre ce type de montage.
Holding ou détention directe
Interposer une holding plutôt que de détenir vos sociétés en nom propre change le traitement des dividendes, des plus-values et de la transmission.
| Critère | Détention directe (personne physique) | Via une holding |
|---|---|---|
| Dividendes des filiales | Imposés au revenu (imposition partielle) | Quasi exonérés (réduction pour participation) |
| Réinvestissement des bénéfices | Après impôt sur le revenu | Avant impôt, au niveau de la holding |
| Cession de participations | Gain en capital privé, cadre strict | Plus-value quasi exonérée (art. 70 LIFD) |
| Transmission / succession | Transfert d’actions directes | Transmission facilitée et progressive du capital de la holding |
Comparatif indicatif. Le traitement exact dépend de votre situation personnelle et cantonale.
FAQ : créer une holding en Suisse
Le statut holding existe-t-il encore en Suisse ?
Non. Le statut fiscal cantonal de holding a été supprimé par la réforme RFFA, en vigueur depuis le 1er janvier 2020. La société est imposée au régime ordinaire, mais bénéficie de la réduction pour participation sur les dividendes et plus-values de participations qualifiées.
Quel capital faut-il pour créer une holding ?
Le capital est celui de la forme choisie : 20 000 CHF pour une Sàrl (entièrement libérés), 100 000 CHF pour une SA (dont 50 000 libérés au minimum). Il n’existe pas de capital « holding » spécifique.
Comment sont imposés les dividendes d’une holding ?
Les dividendes de participations qualifiées (≥ 10 % du capital, ou valeur ≥ 1 000 000 CHF) sont quasi exonérés d’impôt sur le bénéfice grâce à la réduction pour participation, au niveau fédéral et cantonal.
Les plus-values de cession sont-elles exonérées ?
Les gains en capital sur la vente de participations qualifiées détenues depuis au moins un an bénéficient de la réduction pour participation et sont, en pratique, quasi exonérés.
Pour une holding, quel canton choisir ?
Pour une holding, l’impôt sur le capital pèse souvent plus que l’impôt sur le bénéfice. Des cantons comme Zoug (0,07 %), Lucerne (0,08 %) ou Nidwald (0,01 %) affichent des taux très bas, contre 0,40 % à Genève — à pondérer par les allègements pour participations propres à chaque canton.
Une holding doit-elle payer la TVA ?
Une holding qui se limite à détenir et gérer des participations, sans activité commerciale, n’est en principe pas assujettie à la TVA. Une activité de prestations facturées (management fees) peut en revanche déclencher l’assujettissement.
Faut-il une substance économique réelle ?
Oui. Un siège effectif en Suisse, une gestion active des participations et une comptabilité tenue sont nécessaires pour sécuriser le traitement fiscal et les relations bancaires, surtout en présence de participations étrangères.
Peut-on créer une holding par apport de titres ?
Oui. Un entrepreneur peut apporter les titres de sa société existante à une nouvelle holding, qui devient la société mère. L’opération se fait par acte notarié, avec évaluation des titres, et suppose un délai de blocage (en général 5 ans) pour préserver la neutralité fiscale.
Sources
Conclusion
Créer une holding en Suisse reste l’un des montages les plus efficaces pour gérer un groupe, faire remonter des dividendes en quasi-franchise d’impôt et préparer une transmission. La clé n’est plus un statut spécial, disparu en 2020, mais la réduction pour participation — couplée à un choix de canton avisé et à une substance économique solide.
My Swiss Company SA, Fiduciaire Suisse présente à Genève, Lucerne et Zoug, conçoit et administre des structures de holding sur mesure, de la constitution à l’apport des titres, avec le conseil fiscal et la planification de transmission. Découvrez notre accompagnement à la création de holding ou contactez-nous pour une consultation initiale.